Clods II

Chris Evans
Installation, plâtre, tapis de yoga, plinthe
Dimensions variables
Pièce unique
Œuvre acquise en 2013

2013

Chris Evans
Né en 1967 à Eastrington (Royaume-Uni), Chris Evans vit et travaille à Londres.
Il est représenté par la galerie Juliette Jongma (Amsterdam).

Démarche Artistique
Chris Evans travaille sur le mode de la collaboration, impulsant la conduite de « projets » plutôt que d’œuvres au sens classique du terme. Ces réalisations sont le fruit de discussions et d’échanges avec différents interlocuteurs, entrepreneurs, politiciens, autres artistes, Chris Evans se positionnant un peu à la manière d’un consultant. Nourrie de lectures théoriques, préoccupée de questions sociales et sociologiques, sa démarche provoque un déplacement du rôle de l’artiste dans la société actuelle. Ses œuvres, qui comportent également une forte dimension narrative, font écho aux travaux d’artistes comme Liam Gillick ou Ben Kinmont.

Clods II, 2013
Installation placée au sol, Clods comporte une estrade en bois, un tapis de gymnastique et une sculpture en plâtre. L’œuvre matérialise une sorte d’espace urbain, de maquette vue en plongée, surplombée par le public. L’estrade et le tapis définissent des strates horizontales, tandis que le volume matérialise le vide laissé par le retrait du sol de conduits en métal. Le morceau de plâtre est troué et porte les traces de ce déplacement, de cet arrachement. Les différents éléments constituent des sortes d’artefacts, d’objets à dimension symbolique se combinant entre eux. Posés froidement, ils composent une situation dialectique entre le vivant et l’inanimé. Aux deux pans verticaux constitués par l’estrade et le tapis, s’ajoute le niveau du sol de l’espace d’exposition, jouant le rôle du support de l’ensemble de l’installation, et avec lequel un jeu s’instaure, définissant un nouveau paysage spatial. Un souvenir contextuel précis est à l’origine de l’œuvre : une émeute, survenue dans la prison de Hull (Royaume-Uni) en 1976, avait conduit à une destruction très importante des locaux, les prisonniers protestant contre la brutalité des gardiens. L’artiste se souvient d’images de « conduits, tuyaux métalliques et panneaux indicateurs, retirés du sol comme de mauvaises herbes ». Il a en quelque sorte transposé la mémoire d’une situation sociale dans une forme plus générique, déclinée en différentes œuvres constituant la série Clods, dont est extraite l’œuvre.