David Horvitz

Eridanus (Paris) & Le Gamin Ennemi des Lumières
Eridanus (Paris)
digital slide show of 60 images, set of 60 photographs and map
dimensions variable / photographies: 10 x 15 cm each,
carte : 49 x 63,5 cm
œuvre acquise en 2017

Le Gamin Ennemi des Lumières, 2017
8 keys of different shape, map
key ensemble : dimensions variable,
map : 45,5 x 98 cm (unfolded), 12 x 10 cm (folded)
œuvre acquise en 2017

2017

David Horvitz 

Né en 1981, David Horvitz vit et travaille à Los Angeles (États-Unis).
Il est diplômé en 2010 de la Miltion Avery School of the Arts du Bard College, New York.
Il est représenté par la galerie ChertLüdde (Berlin).

Eridanus (Paris), 2017

dimensions variable / photographies : 10 x 15 cm each, carte : 49 x 63,5 cm
œuvre acquise en 2017

 

 

 

 

Le Gamin Ennemi des Lumières, 2017

8 keys of different shape, map
key ensemble : dimensions variable, map : 45,5 x 98 cm (unfolded), 12 x 10 cm (folded)
œuvre acquise en 2017

 

 

Pour son exposition personnelle à la Galerie Allen à Paris en mars 2017, David Horvitz s’est inspiré des témoignages de parisiens recueillis au moment où a été mis en place l’éclairage public. Ceux-ci déploraient que les étoiles ne soient plus visibles dans la nuit. L’artiste a repris la forme de la constellation d’Eridan, visible dans l’hémisphère sud et décrite comme une longue ligne sinueuse, semblable à un cours d’eau. Dans la mythologie grecque, son nom est d’ailleurs celui d’un fleuve. Projetant la forme de celui-ci sur une carte de Paris, il a déambulé une nuit dans la ville, suivant le tracé des étoiles pour guider ses pas, en une sorte d’expérience psychogéographique[1]. Sur sa route, il a trouvé 30 lampadaires, correspondant aux positions occupées par les étoiles dans le ciel. Il a procédé alors à l’extinction sauvage de ces points d’éclairage urbain. David Horvitz a ainsi, selon ses propres mots, créé « une constellation, non de lumière, mais d’obscurité[2] », rendant « la rue à la nuit[3] ». « Et peut-être que quelques étoiles sont retournées dans le ciel[4] ». Les œuvres de la collection constituent un ensemble d’indices restituant cette expérience poétique : la carte de Paris, « trouée » par le dessin de la constellation localisant les lampadaires, un diaporama de 60 photographies, montrant chaque lampadaire allumé puis éteint, et une installation murale rassemblant les clés utilisées pour accéder aux lampadaires et les éteindre.

Mail art, livres d’artistes, photographies… David Horvitz inscrit sa pratique

dans le contexte de réseaux, notamment virtuels. Ses interventions, souvent simples et quotidiennes, permettent de souligner les logiques de communication numérique et de diffusion de l’information. Pour l’un de ses projets, il s’est ainsi photographié la tête entre les mains, face à une mer tourmentée, produisant une image générique sur le thème de la dépression, et a ensuite publié son image comme illustration de la page Wikipedia « Trouble de l’humeur ». L’image s’est ensuite répandue sur internet, accompagnant de multiples articles sur le sujet (Mood Disorder, 2012). Dans ce projet, ainsi que d’autres, David Horvitz fait référence à l’artiste néerlandais Bas Jan Ader. Son œuvre renvoie également à Fluxus, ainsi qu’aux grandes figures de l’Art conceptuel comme On Kawara et son exploration du concept de temps.

[1] La psychogéographie est un néologisme créé par l’écrivain Guy Debord et les Situationnistes, définissant la relation entre le lieu et le psychique. La dérive, notamment dans la ville, permet de l’éprouver.

[2] a constellation, not of light, but of darkness

[3] a street returned to the night

[4] and maybe just maybe a few stars returned to the sky