Katie Paterson

Earth-Moon-Earth
Installation sonore
Dimensions variables
Edition 3/3
Oeuvre acquise en 2010

2010

Katie Paterson
Née en 1981 en Écosse, diplômée de la Slade School of Fine Art à Londres (Grande-Bretagne) en 2007.
Katie Paterson vit et travaille à Londres (Grande-Bretagne).
Elle est représentée par les galeries Haunch of Venison à Londres (Grande-Bretagne) et James Cohan à New York (USA).

Démarche artistique
La pratique artistique de Katie Paterson est pluridisciplinaire. Depuis sa formation, ses recherches l’ont amenée à obtenir une bourse pour des études d’astronomie ou à étudier la géologie terrestre. Impliquant de longues périodes de conception et de production, ses projets la conduisent à entreprendre des voyages dans des zones éloignées de toute population, comme les pôles terrestres et les forêts vierges. Ses œuvres, de nature assez conceptuelle, proposent d’établir un lien entre la découverte scientifique et l’émerveillement poétique du monde. Pour des œuvres comme Vatnajökull (the sound of), 2007, Katie Paterson envoie les sons de la fonte d’un glacier islandais, en direct, par l’intermédiaire de son téléphone portable, aux visiteurs qui entrent en contact avec elle depuis sa galerie et divers points de la planète. All the Dead Stars (2009) recense et propose une cartographie de l’ensemble des étoiles mortes de l’Univers qui ont été enre­gistrées et observées depuis les origines de l’humanité. Cette œuvre fait écho à History of Darkness (2010-11), une archive en dia­positives de l’obscurité via différents motifs à travers les temps. Créant un pont entre le poids d’une histoire de la Terre ancienne de millions d’années et celle, toute fugitive, de l’être humain, sa démarche, nourrie d’une soif de connaissance scientifique, conduit à concevoir la finitude des choses et impose la nécessité de penser à un avenir commun.

Earth-Moon-Earth (Moonlight Sonata reflected From the Surface of the Moon), 2010
L’installation Earth-Moon-Earth (Moonlight Sonata reflected From the Surface of the Moon) repose sur un jeu subtil de mise en circulation et diffusion d’informations. La Sonate au clair de Lune de Ludwig van Beethoven, œuvre romantique par excel­lence, a tout d’abord été cryptée sous la forme d’un signal qui a transité par la Lune, avant d’être récupéré sur Terre et décrypté pour donner forme à une nouvelle partition. Son interprétation est livrée à un piano mé­canique présenté dans l’espace d’exposition. Dans le mouvement d’aller-retour entre la Lune et la Terre, certaines données de l’enregistrement se sont perdues, à cause des ombres du satellite naturel et la profondeur de ses cratères. Toutes ces modifications ont généré une version de la partition subtilement décalée. La fragilisation musicale qu’induit la série d’imperfections créées invite à une rêverie à la fois sombre et fami­lière, engageant dans nos esprits une forme de déséquilibre.