Jamie Fitzpatrick

Untitled (Bust 7)
Cire, laine, mousse polyuréthane (ou mousse expansive)
78 × 56 × 39 cm
Pièce unique
œuvre acquise en 2016

2016

Jamie Fitzpatrick

Né en 1985, Jamie Fitzpatrick vit et travaille à Londres.
Il est diplômé en 2015 du Royal College of Art de Londres.
Il est représenté par la galerie VITRINE (Londres, Bâle).

 

Untitled (Bust 7), 2016

Cire, laine, mousse polyuréthane (ou mousse expansive)
78 × 56 × 39 cm
Pièce unique
œuvre acquise en 2016

Le buste sculpté représente un dignitaire portant les attributs d’un militaire,  comme une redingote à épaulettes. Des traces de matières colorées, grossièrement appliquées, font saillir ses traits (le nez, les dents…) et le ridiculisent. Le 

traitement appliqué par l’artiste fait ainsi basculer la figure dans le grotesque ou la caricature. Le format sculptural classique, destiné à des fonctions mémorielles et de célébration, se trouve sévèrement critiqué. Le personnage « générique » est singularisé et devient une sorte de clown. Jamie Fitzpatrick subvertit une figure d’autorité masculine en « salissant » son apparence à grand renfort de substance organique. Les traces des gestes de l’artiste dans la cire sont délibérément outrancières et confèrent une dimension performative à l’œuvre, rappelant, par exemple, le travail de l’américain Paul McCarthy.

L’usage de la cire comme matériau renvoie à l’histoire des techniques sculpturales (la fonte à la cire perdue est une étape cruciale dans la production des pièces de bronze). Il évoque aussi une tradition populaire, celle des figures mimétiques de célébrités, qui s’admirent aux musées Grévin à Paris ou Madame Tussaud à Londres. C’est surtout un matériau caractérisé par l’instabilité et la fragilité. Il menace d’évoluer à la chaleur, et d’être ainsi en proie à des déformations qui viendraient dégrader la figure.

Dans ses sculptures, Jamie Fitzpatrick joue avec les signes du pouvoir : statues, drapeaux, socles, fontaines… La place de ces « modèles » dans la ville et dans le monde, la valeur que la société leur confère, constituent, pour l’artiste, des facteurs de perturbation dans la capacité de chacun à affirmer son identité singulière.

Jamie Fitzpatrick affirme un goût pour la théâtralité, en animant certaines de ses pièces au moyen de mécanismes ou en développant des performances. Celles-ci sont structurées autour d’éléments textuels qui viennent, en quelque sorte, conférer une dimension narrative aux figures sculptées de l’artiste, qui a également écrit toute une pièce de théâtre, à l’origine de son exposition (loudly) chomp, chomp, chomp à la galerie VITRINE (Londres, 2016). Développant l’aventure épique d’un cheval s’affranchissant de l’autorité de son maître, la pièce lorgnait vers un théâtre de l’absurde, semblable à celui de Samuel Beckett.

Les autres grandes références de l’artiste sont les sculpteurs contemporains Urs Ficher ou encore Phyllida Barlow.