Ski de fond

Roman Signer
Paire de skis, suspension murale
201 x 28 x 20 cm
Pièce unique
Oeuvre acquise en 2010

2010

Roman Signer
Né en 1938 en Suisse, diplômé notamment des écoles d’art de Zürich, Lucerne et Varsovie.
Roman Signer vit et travaille à Saint-Gallen (Suisse).
Il est représenté par les galeries Hauser & Wirth (Zürich, Londres, New York), Stampa (Bâle), Häusler Contemporary (Munich, Zürich), Barbara Weiss (Berlin), Martin Janda (Vienne) et Art Concept (Paris).

Démarche artistique
Roman Signer a élaboré son œuvre sur les notions d’expérimentation et de processus, explorant la dimension temporelle dans les arts plastiques. Ses œuvres sont des sculptures en action, des momentanés nés de l’assemblage, de la manipulation d’éléments, au sens chimique et physique du terme. En venant perturber l’équilibre naturel des choses, il réinvente le potentiel des objets qui l’entourent, insufflant à l’inanité le sens de la narration, de la dramaturgie, du sus­pense et de la catastrophe. Roman Signer crée des prodiges à partir de ventilateurs, de feux d’artifice ou encore de bottes en caoutchouc. Depuis 1975, début de ses premières actions, le dispositif avant et après l’événe­ment (dessins préparatoires, comptes-ren­dus, etc.), l’événement lui-même, puis ses représentations, constituent une seule et même œuvre, une seule et même position artistique. Installations d’objets, photogra­phies, films super 8 ou vidéo documentent et transposent ces expériences. Ce qui est donné à voir témoigne de micro-événe­ments orchestrés par l’artiste (expériences chimiques, explosions, accidents, etc.). Tan­tôt ils sont directement visibles, tantôt leur présence demeure hors-champ.

Ski de Fond, 2010
Ski de fond consiste en l’accrochage d’une paire de skis usés en suspension. Il s’agit des skis personnels de l’artiste, aussi bien utilisés dans ses projets que dans ses loisirs. Le dispositif de présentation saillant qu’a imaginé pour eux Roman Signer les transforme en élément singulier, rendant compte de l’effet incisif de son approche. Leur mutation en sculpture suggère la fin de leur période d’essai comme matériau expérimental – à moins d’imaginer que l’artiste puisse venir à tout moment les décrocher pour débuter une nouvelle série d’actions. Leur présence semble, en tout cas, matérialiser cette propension de l’œuvre d’art à rejaillir dans notre direction, sa capacité à s’affranchir de son support pour nous atteindre au plus profond de nous et faire décoller notre esprit.