Roman Ondák

Tomorrows (Handshake)
Installation
Inkjet art print on Hahnemuhle paper
Edition 1/5 + 2 A.P.
21 x 15,5 x 16 cm
Oeuvre acquise en 2015

2012

Roman Ondák
est né en 1966 à Zilina (Slovaquie).
Il vit et travaille à Bratislava.Il est notamment représenté par la galerie gb agency, Paris.

Tomorrows (Handshake), 2002

L’installation Tomorrows (Handshake) met en scène une photographie prise par l’artiste avec des enfants dans une école. Autour d’une longue table, en symétrie, un groupe d’enfants a le regard tourné vers le spectateur. Dans la netteté du premier plan, deux d’entre eux se serrent la main. La photographie est spatialisée dans l’angle formé par les deux murs d’accrochage, ce qui accentue l’effet de symétrie et guide la perception que l’on a de l’image. Roman Ondák a réalisé le cliché dans la ville d’Erlauf, en Autriche. Située à une centaine de kilomètres de Vienne, elle a été le théâtre d’une scène cruciale et méconnue de l’histoire européenne. En 1945, des généraux américains et soviétiques y ont échangé une poignée de mains, marquant la fin – officieuse – de la seconde guerre mondiale. Invité à travailler dans le contexte de cette ville, l’artiste a choisi de collaborer avec de jeunes enfants, qu’il a photographiés dans différents lieux. Partant de coupures de presse, ou de l’imaginaire qu’évoquent les différentes situations officielles qu’il a choisies, telle une inauguration, l’artiste a réalisé une série d’images, selon un principe évoquant le reenactment, c’est-à-dire le fait de « rejouer » l’Histoire. Il a fait disparaître les détails contextuels, les apparats des scènes figurées, pour n’en conserver que les attitudes et les gestes. Le choix de les incarner avec de jeunes enfants, futurs citoyens de la ville, affirme la nécessité de la transmission, de la pédagogie et du partage. Pour Tomorrows (Handshake), l’artiste a précisément interrogé les enfants sur leur perception de l’avenir des relations avec les Etats-Unis, qu’ils ont donc traduit, à leur guise, sous la forme du geste de la poignée de main. L’œuvre constitue l’évocation d’une réalité passée, reprise, réinscrite dans le présent et projetée dans le futur. Elle bouscule ainsi les notions de mémoire et de monument. La solennité, propre au geste de la poignée de main, est comme contredite par la présence des jeunes figurants, et conduit à une sorte de phénomène de renversement ou de dédoublement de la réalité, le motif du dédoublement étant également présent dans la spatialisation de la photo, « pliée » dans un angle. L’archive semble prendre vie, la grandiloquence se dissoudre dans la banalité, et les craintes d’hier basculer dans l’espérance.