Toucher la Lune

Exposition collective
Bibliothèque Universitaire Belle-beille Galerie 5, Angers

Poser le pied sur la lune est presque de l’histoire ancienne, l’histoire d’un rêve oublié, d’une conquête dépassée, d’une fantaisie désuète de la science-fiction.

2012

Exposition collective en collaboration avec La Galerie 5 et l’Université d’Angers.

Toucher la Lune
Poser le pied sur la lune est presque de l’histoire ancienne, l’histoire d’un rêve oublié, d’une conquête dépassée, d’une fantaisie désuète de la science-fiction.
Dans son grand poème De la Nature des choses, Lucrèce (Ier siècle av. JC) dit que la lune paraît stable. Rien ne semble l’affecter, contrairement à la terre pulvérisée par Antarès, ainsi que le raconte la Melancholia de Lars von Trier. Séléné reste ce satellite immuable dont une face nous est toujours cachée. L’intuition de Kubrick n’a rien perdu de son actualité. Un an avant que l’homme marche sur la lune, 2001, l’odyssée de l’espace racontait l’éternel voyage de l’homme dans le vide. Il nous met face à l’inexorable des espaces infinis, tout en s’efforçant de domestiquer l’inconnu. L’abîme est déconcertant à une époque où les risques semblent statistiquement maîtrisés.
Constituer une collection d’œuvres d’art peut être vue comme une façon de réunir des fragments de l’espace. La collection du Lab’bel rassemble des œuvres produites après l’année 2000. Elle s’offre comme un espace de pensée ouvert, sans chercher à donner des clés d’interprétation univoque. C’est en cela que le questionnement est au cœur de notre rapport aux œuvres, il est ce qui donne une liberté à la pensée de chacun.
Aujourd’hui, c’est également une aventure que de faire une collection à partir d’œuvres récentes après tant d’annonces de la mort de l’art. Commencée il y a deux ans avec Night and Day (2008, vidéo de John Wood and Paul Harrison), elle raconte en clairs obscurs une histoire du monde et de l’art.
On y trouve un portrait qui par son jeu nous fait voir le monde à l’envers, ainsi que la Menine de Vercruysse s’en fait l’écho. New Trees de Robert Voit montre des engins plus vrais que nature. Et grâce à Michel Blazy et son Galet Mou (2011), nous comprenons comment l’art se mêle aussi à la chimie alimentaire et à ses découvertes.
On y entend aussi une erreur, une interférence non maîtrisable par l’homme qui touche l’une des partitions les plus romantiques de tous les temps, La sonate au clair de lune de Beethoven. L’espace aussi peut composer sa musique, et c’est Katie Paterson qui la recrée dans Earth-Moon-Earth (Moonlight Sonata Reflected from the Surface of the Moon, 2007). Cependant, les hommes et leurs skis marchent à travers les hémisphères terrestres – Ski de fond, de Roman Signer (2009).
Et pour revenir au décompte de la fusée, le voici remis dans l’ordre par Ceal Floyer avec 0-10 (2011), comme une annonce du grand départ des disques volatiles en forme d’assiettes dans Fontaine 1 (2011) de Vincent Ganivet – et qui font chanter la collection au son d’un ruisseau.
Ici à Angers, dans l’espace de la Galerie 5, au sein d’une Bibliothèque Universitaire, lieu du savoir partagé par excellence, nous présentons en collaboration avec La Galerie 5 et l’Université d’Angers pour la première fois la collection. C’est un choix. Nous comptons sur le contact direct des étudiants avec les œuvres pour que la collection vive hors des cercles des amateurs éclairés et s’inscrive plus largement dans un désir de connaissance, une réflexion quotidienne, un devenir personnel. La vocation de cette collection est d’être ouverte à tous, à travers des lieux où on ne l’attend pas forcément, comme une invitation à voyager librement, sans imposer d’idées préconçues sur l’art.
Silvia Guerra, co-commissaire

Liste des artistes
Michel Blazy, Ceal Floyer, Vincent Ganivet, John Wood & Paul Harrison, Katie Paterson, Roman Signer, Jan Vercruysse et Robert Voit.

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